La capsulite de l’épaule: quoi faire?

La capsulite de l’épaule, aussi connue sous les noms de capsulite rétractile ou épaule gelée (frozen shoulder en anglais), est une affection douloureuse caractérisée par un enraidissement progressif de l’articulation de l’épaule. Elle résulte d’une inflammation et d’un épaississement de la capsule articulaire, la membrane fibreuse qui entoure l’articulation, menant à une perte significative de mobilité.

Causes et facteurs de risque

Bien que la cause exacte de la capsulite demeure souvent inconnue (on parle alors de capsulite primaire ou idiopathique), des guides de pratique clinique reconnues ont identifié plusieurs facteurs de risque clairs. En effet, des conditions systémiques comme le diabète et les troubles thyroïdiens augmentent considérablement la probabilité de développer une épaule gelée [1, 7, 8]. De plus, cette condition est plus prévalente chez les individus âgés de 40 à 65 ans, majoritairement les femmes [7]. Par ailleurs, une capsulite peut survenir secondairement à une immobilisation prolongée de l’épaule, que ce soit après une chirurgie, une fracture ou une autre blessure.

Signes et symptômes

L’évolution de la capsulite se déroule typiquement, en trois ou quatre phases qui peuvent se chevaucher. La première phase, la phase pré-adhésive peut précéder les autres, caractérisée par l’apparition d’une douleur d’apparition progressive, mais sans limitation marquée. La deuxième phase, dite « chaude » ou « douloureuse » (phase de gel), est marquée par l’apparition graduelle d’une douleur diffuse et intense, souvent pire la nuit, et une limitation typique et progressive des mouvements. Par la suite, La troisième phase, ou phase de « gel » (phase d’enraidissement), voit la douleur diminuer, mais la raideur devient le symptôme prédominant. Les mouvements actifs et passifs sont alors limités dans plusieurs directions. Finalement, la quatrième phase, dite de « dégel », est une période de récupération lente, partielle ou complète, où la mobilité de l’épaule s’améliore sur plusieurs mois, voire quelques années [2, 8]. Le diagnostic est principalement clinique, basé sur cette perte de mobilité caractéristique [7].

Traitement

La prise en charge de la capsulite, qui est généralement conservatrice, vise principalement à contrôler la douleur et à restaurer la mobilité. La plupart des patients répondent très bien à une combinaison de traitements, avec une résolution graduelle des symptômes sur 12 à 18 mois [8]. Une approche multidisciplinaire est souvent la plus efficace.

  • Physiothérapie : C’est un pilier du traitement, fortement recommandé par les directives cliniques. Le physiothérapeute utilise des techniques de thérapie manuelle, des mobilisations articulaires douces et des programmes d’exercices d’étirement à faire à la maison. L’éducation du patient sur la nature de la maladie et la gestion de la douleur est également cruciale pour favoriser une récupération active [3, 7]. Les étirements de courte durée, fréquents et sans douleur sont préconisés [7].
  • Ostéopathie : L’approche ostéopathique considère le corps dans sa globalité. En plus des mobilisations spécifiques de l’épaule, l’ostéopathe peut travailler sur des zones connexes comme la colonne cervicale et dorsale ou les côtes pour améliorer la biomécanique générale et favoriser une meilleure fonction de l’épaule [4].
  • Massothérapie : La massothérapie peut être bénéfique pour gérer la douleur et les tensions musculaires compensatoires qui s’installent autour de l’épaule et du cou. En travaillant sur les tissus mous, elle favorise la circulation et la relaxation, ce qui peut aider à mieux tolérer les exercices de mobilisation [5].
  • Acupuncture : L’acupuncture est principalement utilisée pour son effet sur la gestion de la douleur. Des études suggèrent qu’elle peut aider à réduire l’intensité de la douleur, améliorant ainsi la tolérance à la physiothérapie et la qualité de vie des patients, surtout lorsqu’elle est combinée à des exercices [6].

Il est à noter que les directives cliniques appuient également l’utilisation d’injections de corticostéroïdes, surtout dans les premières phases, pour contrôler l’inflammation et la douleur, ce qui permet au patient de participer plus efficacement à la physiothérapie [7, 8]. Pour les cas résistants ne répondant pas au traitement conservateur après 6 à 9 mois, des options chirurgicales peuvent être envisagées [8].

En résumé, voici ces informations, sous forme de tableau. [7]

Les Stades de l’Épaule Gelée 

Stade 1 – Le stade pré-adhésif Stade 2 – Le stade adhésif aigu ou « phase de gel » Stade 3 – Le stade fibrotique ou « épaule gelée » Stade 4 – La phase de « dégel »
Synovite hypervasculaire avec une capsule sous-jacente normale. Diminution de la synovite hypervasculaire avec formation précoce d’adhérences menant à une contraction et un épaississement de la capsule. Moins de synovite mais des adhérences plus matures dans la capsule et le pli axillaire. Restriction capsulaire sévère sans synovite apparente.
Les patients présentent une limitation légère ou nulle en fin d’amplitude et de la douleur. Les patients ont un niveau élevé d’inconfort, une mobilité passive et active limitée, et une douleur accrue près de la fin d’amplitude du mouvement. Les patients notent une limitation significative de la mobilité avec une douleur minimale. Les patients dans cette phase présentent une restriction de mouvement sans douleur, qui s’améliore typiquement par remodelage.
Objectif du traitement – diminuer la douleur en interrompant le cycle de l’inflammation et de la douleur. Objectif du traitement – restaurer la biomécanique glénohumérale normale en plus de diminuer l’inflammation et la douleur. Objectif du traitement – traiter agressivement la perte de mobilité significative et restaurer l’amplitude de mouvement normale ainsi que la fonctionnalité de l’articulation de l’épaule. Objectif du traitement – maintenir une amplitude de mouvement et une fonction de l’épaule normales tout en préservant la biomécanique glénohumérale normale et en évitant la douleur et l’inflammation.
Peut durer de 0 à 3 mois. Peut durer de 3 à 9 mois. Peut durer de 9 à 15 mois. Peut durer de 15 à 24 mois.

Mise en garde

Les informations fournies dans ce texte sont à titre informatif seulement et ne remplacent en aucun cas un avis, un diagnostic ou un traitement médical professionnel. Il est impératif de toujours consulter un médecin ou un autre professionnel de la santé qualifié pour toute question concernant une condition médicale. Ne tardez jamais à obtenir une consultation médicale et n’ignorez jamais un avis médical professionnel à cause de ce que vous avez lu ici.

Références

[1] Papalia, R., et al. (2024). A new perspective of frozen shoulder pathology; the interplay between the brain and the immune system. Frontiers in Physiology, 15. DOI : https://doi.org/10.3389/fphys.2024.1248612

[2] Chan, H. B. Y., et al. (2017). The effectiveness of combined stretching and strengthening exercises in frozen shoulder: A systematic review and meta-analysis. Journal of Hand Therapy, 30(3), 305-313. DOI: 10.3233/BMR-130443

[3] Kim, D. H., et al. (2024). Clinical Practice Guidelines for Diagnosis and Non-Surgical Treatment of Primary Frozen Shoulder. Annals of Rehabilitation Medicine, 48(2), 121-139. doi: 10.5535/arm.250057

[4] Noten, S., et al. (2018). The effect of osteopathic treatment on a patient with adhesive capsulitis: A case report. Journal of Bodywork and Movement Therapies, 22(1), 164-168. doi: 10.7759/cureus.27640

[5] Yeun, Y. R. (2017). Effectiveness of massage therapy for shoulder pain: a systematic review and meta-analysis. Journal of Physical Therapy Science, 29(5), 936-940. DOI : https://doi.org/10.1589/jpts.29.936

[6] Lin, Y. C., et al. (2023). Effectiveness of acupuncture for frozen shoulder: an updated systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of Personalized Medicine, 13(10), 1475. doi: 10.1155/2020/9790470

[7] Kelley, M. J., et al. (2013). Shoulder Pain and Mobility Deficits: Adhesive Capsulitis. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 43(5), A1-A31. DOI : https://doi.org/10.2519/jospt.2013.0302

[8] Pandey, V., & Madi, S. (2021). Clinical Guidelines in the Management of Frozen Shoulder: An Update!. Indian Journal of Orthopaedics, 55(2), 299–309. DOI : https://doi.org/10.1007/s43465-021-00351-3

Capsulite Physiothérapie St-Lambert Rive-Sud

Guide de Pratique Clinique pour la Capsulite de l’Épaule