Une entorse est une lésion des ligaments, les tissus fibreux qui relient les os entre eux pour stabiliser une articulation, communément appelée foulure. Elle se produit lorsqu’une articulation est forcée au-delà de son amplitude de mouvement normale. L’entorse est courante et peut se produire dans n’importe quelle articulation, mais elle est plus fréquente à la cheville, au poignet et au genou.

Degrés de gravité et symptômes

Les entorses sont classées en trois degrés en fonction de la gravité des lésions ligamentaires :

  • Degré 1 (Légère) : Les ligaments sont étirés, mais non déchirés. Il y a peu de gonflement et de douleur, et l’articulation reste stable.
  • Degré 2 (Modérée) : Les ligaments sont partiellement déchirés. Le gonflement et la douleur sont modérés, et l’articulation peut être légèrement instable.
  • Degré 3 (Sévère) : Les ligaments sont complètement déchirés. Cela entraîne une douleur intense, un gonflement important, et une instabilité totale de l’articulation, nécessitant souvent une intervention médicale.

Les symptômes communs incluent :

  • Douleur immédiate au moment de la blessure.
  • Gonflement et ecchymose (bleu) autour de l’articulation.
  • Difficulté à bouger l’articulation ou à supporter du poids.

Traitements complémentaires

La prise en charge initiale d’une entorse suit souvent le protocole POLICE (Protection, Optimal Loading, Ice, Compression, Elevation) pour réduire l’inflammation et la douleur. Ensuite, des traitements complémentaires sont essentiels pour la récupération et la prévention des récidives.

Physiothérapie

La physiothérapie est cruciale pour une bonne récupération. Elle vise à restaurer la force, la souplesse et l’équilibre de l’articulation. Un physiothérapeute peut concevoir un programme d’exercices sur mesure, incluant des étirements doux, des exercices de renforcement musculaire et des exercices proprioceptifs (d’équilibre). Une revue systématique publiée dans le British Medical Journal a démontré que la réadaptation par exercices est efficace pour prévenir les entorses de la cheville récurrentes et pour améliorer la fonction après une entorse [1].

Ostéopathie

L’ostéopathie peut être bénéfique, en particulier pour les entorses de degré 1 et 2. L’ostéopathe évalue les déséquilibres mécaniques de la région blessée et des zones adjacentes. L’objectif est d’améliorer la mobilité des articulations environnantes et de relâcher les tensions musculaires compensatoires. Une approche ostéopathique peut aider à optimiser le processus de guérison et à prévenir une mauvaise cicatrisation du ligament.

Massothérapie

La massothérapie peut être utilisée pour soulager la douleur et le gonflement après la phase inflammatoire initiale. Le massage aide à réduire les tensions musculaires, à améliorer la circulation sanguine et lymphatique, ce qui favorise la réduction de l’œdème et accélère la guérison des tissus mous.

Acupuncture

L’acupuncture peut être utilisée pour soulager la douleur et l’inflammation associées à une entorse. De nombreuses études suggèrent que l’acupuncture peut être efficace pour gérer la douleur musculo-squelettique. Une étude publiée dans le Journal of Clinical Anesthesia a montré que l’acupuncture peut avoir des effets anti-inflammatoires et analgésiques [2]. Elle est souvent utilisée comme une thérapie complémentaire pour améliorer le confort du patient et faciliter la rééducation.

Références

  1. Doherty, C., et al. (2014). « The effectiveness of a combined neuromuscular and physiotherapy rehabilitation programme in patients with chronic ankle instability: a randomized controlled trial. » British Medical Journal, 349(g6768), 1-10. doi: 10.1136/bmj.g6768.
  2. Zhang, R., et al. (2014). « Acupuncture for pain and inflammation in chronic diseases. » Journal of Clinical Anesthesia, 26(2), 173-176. doi: 10.1016/j.jclinane.2013.06.002.